La promenade au phare, Virginia Woolf

La promenade au phare, Virginia Woolf
"Ainsi, toutes les lampes éteintes, la lune disparue et une pluie fine tambourinant sur le toit, une immense obscurité s'abattit. Rien, semblait-il, ne pouvait survivre à cette profusion, cette inondation de ténèbres qui s'insinuait par les serrures et les crevasses, se glissait autour des stores, montait dans les chambres, avalait ici un pot à eau et une cuvette, là un vase garni de dahlias rouges et jaunes ou encore la fine silhouette et la masse de ferme commode. Ce n'était pas seulement que tout le mobilier se trouvât confondu ; mais il était difficile de trouver quoi que ce fût de corporel ou de spirituel qui permît de dire : « c'est lui » ou « c'est elle ». Parfois une main se levait comme pour saisir quelque chose ou s'en préserver, quelqu'un poussait un gémissement, ou riait bruyamment comme s'il eût été en train de plaisanter avec le néant.
Rien ne bougeait dans le salon, la salle à manger ou l'escalier. Mais certains airs, détachés de la masse centrale du vent, passèrent par les gonds rouillés et les boiseries gonflées par l'humidité de la mer, se faufilèrent par les coins de la maison et s'aventurèrent à l'intérieur. On pouvait presque les imaginer, entrant dans le salonn questionnant, s'intriguant, jouant avec un lambeau de la tapisserie, se demandant s'il tiendrait beaucoup plus longtemps et quand il allait tomber. Puis, d'un frôlement léger, ils passèrent le long des murs, l'air méditatif, semblant demander aux roses rouges et jaunes de la tapisserie si elles allaient se flétrir et interroger – doucement car ils avaient du temps à leur disposition – les lettres déchirées de la corbeille à papier, les fleurs, les livres, tous ouverts pour eux, afin de savoir s'ils étaient des alliés, des ennemis et combien de temps ils allaient demeurer là.
Ainsi dirigés par quelque lumière égarée, tombée d'une étoile dévoilée, d'un navire errant, ou même du Phare, sa pâle empreinte posée sur les marches et les paillassons, les petits airs montèrent l'escalier et fouinèrent autour des portes des chambres à coucher. Ici, bien certainement, il leur fallait s'arrêter. Quoi qui puisse périr et disparaître ailleurs, ce qui se trouve ici est bien solide. Ici, pouvait-on dire à ces lueurs fugitives, à ces airs tâtonnants qui respirent et se penchent sur le lit même, ici vous ne pouvez rien toucher ni rien détruire. Sur quoi, avec un air las et spectral, comme si leurs doigts eussent eu la légère persistance de la plume, ils regardèrent, une seule fois, les yeux fermés, la molle étreinte des mains des dormeurs, puis, rarement sur eux leurs vêtements d'un geste fatigué, ils disparurent. Ainsi, toujours furetant, toujours affairés, ils allèrent à la fenêtre de l'escalier, aux chambres des domestiques, aux malles du grenier ; puis, descendant, ils blanchirent les pommes sur la table de la salle à manger, fouillèrent dans les pétales des roses, s'essayèrent sur le tableau posé sur un chevalet, brossèrent le paillasson et soufflèrent un peu de sable sur le plancher. A la fin, ils cessèrent tous ensemble, se réunirent, soupirèrent en ch½ur ; en ch½ur aussi produisirent une rafale au son lamentable à laquelle une porte dans la cuisine répondit en s'ouvrant toute grande, puis sans avoir rien laissé entrer, cette porte se referma bruyamment.
(Ici Mr. Carmichaël, qui lisait Virgile, souffla sa bougie. Il était minuit passé.)"

__________________ On aurait dit l'hiver encor. Vous étiez loin.
__________________Je jouais de cette ombre en y mêlant la vôtre,


******** "Mais, après tout, qu'est ce qu'une nuit? Un espace bien court, surtout lorsque l'obscurité s'atténue si vite, qu'on entend si tôt chanter un oiseau, croasser une corneille, ou qu'on voit s'aviver faiblement, au fond d'une vague, un vert pâle semblable à celui d'une feuille naissante. La nuit cependant succède à la nuit. L'hiver en possède un paquet dans son magasin et les sort d'un mouvement égale et mesuré, avec des doigts infatigables. Elles s'allongent ; elles s'obscurcissent. Certaines d'entre elles suspendent là-haut de claires planètes, plaques étincelantes." *******************************************
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# Posté le mercredi 26 août 2009 08:52

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 11:32

Yep

Yep
En cours.


Un groupe Génial.
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# Posté le mercredi 23 septembre 2009 17:39

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 13:59

Toni colette, the united states of Tara. (entre autre).

En cours.


Une fabuleuse actrice dont je suis fan.
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# Posté le dimanche 27 septembre 2009 17:11

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 13:59

L'enfant cheval.

L'enfant cheval.
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# Posté le lundi 02 novembre 2009 14:32

Une apparente envie de changement.

Une apparente envie de changement.
Il semble que consciemment ou non je souhaite tout changer ou presque de ma vie de l'an passé.

Plus en accord avec moi même, je me connais mieux et je veux du changement, change.

Une tendance à ne plus aimer mes vêtements, une longue liste de fringues à acheter pour renouveller ma garde de robe, mon look. Toujours envie de ressembler à l'image que certains ont à mes yeux, la mienne ne me convenant plus tout à fait.

Nouvelle coupe de cheveux, voulue ou non.

Changement d'études, Farewell le droit (et décidement youpi !), bonjour la science po, la vie y est tellement plus épanouissante. Des projets de masters nouveaux.

Changement en partie de projet professionnel, la boule au ventre cela dit.

Bonjour réalisation d'un projet humanitaire je l'espère.

Bonjour travaille avec les enfants

Bonjour aux nombreux amis, et potes de fac que j'apprécie vraiment beaucoup.

Rebonjour l'idée de la fac que je me faisais au lycée.

Bien sûr vie sociale trop peu active faute de temps.

Envie de changement aussi dans la déco. Envie de changer les peintures, les meubles.

Nouvelle passion ethnologique. ^^

Bonjour bientôt à l'escalade.

Que ce soit pas l'acceptation ou le reniement que de changements.

Pourtant impression totale de stagment !

La vie ressemble cependant de plus en plus à ce qu'elle doit.
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# Posté le mardi 15 décembre 2009 12:38